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La performance “Aquarela do Brasil” fait référence au recensement démographique réalisé par l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique (IBGE, équivalent brésilien de l’INSEE français) en 1976, ainsi qu’à la population brésilienne elle-même. Lors de ce recensement, les agents ont été mandates pour recenser les couleur de peau auto-déclarées par des citoyens interrogés lors de visite à leur domicile. Le résultat est assez surprenant, avec des déclarations inattendues et l’apparition de dénominations de soi qui ont engendré 136 couleurs de peau, souvent au mépris de leurs origines. En associant la performance « Aquarela do Brasil » aux résultats de mes cours d’autoportrait dans les classes d’alphabétisation et les premières années dans les écoles des favelas et des périphéries de Rio de Janeiro, j’ai constaté un manque de reconnaissance de soi chez les enfants. Leurs dessins révélaient un fossé entre la représentation de la réalité et le désir hypothétique, façonné par les normes de beauté imposées par le racisme. Beaucoup de ces convictions sur la beauté au Brésil sont visuellement renforcées par les médias. Les enfants afro-descendants dessinaient leurs autoportraits avec une peau et des cheveux aussi proches que possibles du stéréotype « blanc ». En général, les cheveux étaient représentés blonds (jaune) et lisses, et la peau claire (rose), même si des crayons marron et noir étaient disponibles dans la boîte. De même, la société, ou plutôt chaque citoyen, s’est « blanchie », en adoptant des noms de couleurs qui nécessitaient des interprétations très subjectives. Aux yeux des citoyens, il était plus facile de se définir comme “lilas” que de reconnaître ses ancêtres africains réduits en esclavage.